6 janvier : Epiphanie

 




L'Epiphanie est une fête chrétienne, qui célèbre le jour où Jésus Christ a été reconnu comme messie. Plus simplement, c'est le jour où il a reçu la visite des rois mages. La fête s'appelle aussi « Théophanie », qui signifie également la « manifestation de Dieu ».

En France comme en Belgique, comme ce jour n'est pas férié, l'Epiphanie est célébrée le premier dimanche de Janvier sauf si celui-ci est le 1er janvier.

Si je suis née dans le monde catholique, je ne le suis pas pour 2 sous ...
Néanmoins, même si je suis profondément athée, je vais tenter dans ce qui suit de vous apprendre deux ou trois choses et aussi d'en apprendre pas mal moi même, je pense ... au sujet de cette fête du début de l'année.

Et pour se mettre dans l'ambiance, quelques chants grégoriens (parce que c'est super beau à entendre ! ) :



Et rappelez-vous que la gourmandise est souvent un vilain défaut ...
 




 

LES ORIGINES DE L'EPIPHANIE : 




HOUX et GUIComme beaucoup de fêtes chrétiennes, la date de l'Epiphanie 
correspond à l'origine à une fête paienne : les Romains fêtaient les Saturnales, des fêtes se déroulant durant la période proche du solstice d'hiver, et accompagnées de grandes réjouissances populaires. Les Saturnales étaient une fête typique du « crépuscule de l'année » - Saturne est essentiellement le dieu de la période qui précède le solstice d'hiver - comme la fête celtique de Samain. C’était une fête pleine de chants, de danses et de vins. On offrait des cadeaux : du miel, des gâteaux,… de l’or. Les maisons étaient décorées de houx, de lierre, de gui. Durant cette période de banquets et de magnificences, régnait la paix.
 

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Le but de l'Epiphanie était donc de remplacer ces fêtes paiennes en les christianisant.
L'origine de cette fête est a rechercher en Orient et sans doute à Alexandrie. Les actes du martyre de saint Philippe, évêque d’Héraclée mort en 304, parlent de l’Epiphanie comme d’une grande fête (plus importante que le jour de Noël).

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En Orient, ce fut d’abord une fête de la naissance du Christ. Au IVème siècle, il advint que par suite d’influences réciproques entre les diverses Eglises d’Orient et d’Occident, la fête du 25 décembre (d’origine romaine) s’acclimata en Orient entre 380 et 430, et la fête du 6 janvier fut reçue en Occident, d’abord en Gaule puis en Espagne et enfin à Rome. Dès lors, le caractère de chacune des deux fêtes se fixa définitivement : Noël célèbre la naissance charnelle de Jésus Christ, l’Epiphanie sa manifestation glorieuse à tous les hommes (sa présentation aux rois mages, son baptême dans le Jourdain, et le jour du premier miracle des noces de Cana (ne me demandez pas ce qu'est ce miracle, je l'ignore totalement ... comme quoi le peu de cathéchisme que j'ai fait enfant devait présenter de sacrées lacunes).




L'HISTOIRE DES ROIS MAGES :




Les rois mages font partie intégrante de l’histoire de naissance de Jésus-Christ.
Pourtant à l'origine, ils n'étaient ni rois, ni trois. Le texte biblique indique seulement que ce sont des mages venus d'orient.

Voici ma petite version de leur histoire, car comme vous pourrez le constater, la fin est un peu fantasiste par rapport à l'histoire biblique, mais elle explique si joliment l'orgine de la galette et de la fève, que je n'aurais su m'en passer (c'est un texte que j'ai trouvé sur internet et adapté).

Selon le texte de biblique, ils étaient trois visiteurs qui, informés par l’étoile, une étoile particulière dans le ciel (Étoile des Mages), se mirent en route pour apporter des cadeaux au sauveur qui venait de naître. 
Ces hommes étaient considérés comme des savants, des prêtres ou des astrologues. 

Melchior venait de Nubie, il était le plus âgé des trois, il apportait de l'or, symbole royal.
Balthazar apportait de la myrrhe, symbole sacerdotal, c'est une sorte de gomme produite par un arbre en Arabie, le balsamier, utilisée dans la préparation cosmétique et en pharmacie.
Gaspard le plus jeune apportait de l'encens, symbole prophétique, c'est une résine dégageant un parfum lorsqu'on la fait brûler.
hebergeur d'imageComme les rois mages étaient des étrangers donc de cultures différentes et vu les riches cadeaux dont étaient chargés leurs montures, ils se sont faits remarquer à leur arrivée à Jérusalem. 
À leur arrivée, ils demandèrent à rencontrer l’enfant Jésus en l’appelant roi des juifs. Cela intrigua les habitants de la région qui ne comprenaient pas ces rois mages, apportant des présents composés d’or et d’encens précieux à un éventuel messie annoncé par les saintes écritures.

Les trois Rois mages ont tellement fait parler d’eux qu'ils finirent par attirer l'attention du Roi Hérode qui régnait au moment de la naissance de Jésus. Il était mauvais, tyrannique et ordonnait la torture de ses sujets juifs. Il était très suspicieux et prélevait de lourds impôts sur son peuple. Quand il apprit que les rois mages étaient entrés dans son royaume, il consulta ses prêtres pour en savoir un peu plus sur la prophétie qui prédisait la naissance de Christ à Bethléem. Alors, les Rois mages furent invités à sa cour et il leur dit que le Messie était né dans son royaume, il leur demanda de trouver l'enfant et de l’informer en retour de son emplacement afin qu’il puisse aussi aller adorer l'enfant. Il ne pouvait trouver l'enfant lui-même, car de grands feux étaient allumés la nuit pour lui cacher l'étoile.
 

Après avoir trouvé l’enfant Jésus, les rois mages furent prévenus en rêve de ne pas retourner voir Hérode, qui cherchait en réalité à tuer l’enfant qu’il croyait menacer son trône.

Voici pour l'histoire biblique.
On sait moins ce qui advint aux rois mages sur le chemin du retour ... 

 
Les rois mages étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. 
épiphanie
Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon accueil aux mages, les invitèrent à entrer, et leur offrirent un peu du peu qu’ils avaient : de l’eau pour se rafraîchir.
- C’est que nous avons faim aussi, 
dit Melchior. Un peu de pain, même rassis, ferait l’affaire.
- Hélas, soupira la femme, nous n’avons plus qu’un peu de farine, de lait, d’huile d’olive, une noisette de beurre ; juste de quoi faire une galette que nous partagerons entre les enfants.  Ensuite, il ne nous restera plus qu’à nous jeter dans le puits ou à mourir de faim.

Les mages se regardèrent.
- Faites la galette ma brave femme, dit Gaspard.
La femme obéit.

La galette était tout juste suffisante pour une personne. Gaspard, qui avait le teint clair des Européens, plia la pâte en deux, et la galette doubla en volume. Melchior, le mage à la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie, plia de nouveau la pâte en deux, et il y en eu pour quatre. Balthazar, le roi Nègre couleur de nuit sans lune, plia encore la pâte en deux, et il y en eut pour huit.

Le couple remercia chaleureusement les mages. La femme étala la pâte et mit la galette à cuire. Elle était dorée à point. 
L’homme se gratta la tête, le couteau à la main.
- C’est que cette galette est une galette pour huit, et nous sommes sept. Le partage sera difficile.
- La huitième part est celle du mendiant, dit Balthazar.
- Quel mendiant, dit homme ?
- Celui qui vient et que vous ne voyez pas encore.
hebergeur d'imageÀ ce moment-là le plus jeune des enfants, un garçon, recracha quelque chose. C’était une bague que Melchior avait glissée – volontairement ou non, l’histoire ne le dit pas - dans la pâte.  L’enfant voulut rendre le bijou. Le mage sourit, ôta la couronne de sa tête et en coiffa l’enfant.
- Tout enfant est roi, dit-il. Tel est le message que délivrera un autre enfant, né il y a peu non loin d’ici. Pour commémorer ce jour, je veux que chaque année on fasse une galette, qu’on n’oublie pas la part du pauvre, qu’on y glisse une fève pour désigner un roi ou une reine, ne serait-ce que pour une journée.

Les pauvres gens promirent de respecter la volonté des mages.

Cette histoire bien que ravissante, n'est qu'une histoire pour les enfants sages ...




LA GALETTE DES ROIS ET LA FEVE :

 



Si l'Épiphanie est une fête religieuse, l'origine de la galette des Rois est elle totalement païenne. Elle trouve son origine dans la fête romaine des saturnales. La tradition romaine voulait, qu'à l'occasion des saturnales un roi soit élu parmi :
- 1ère solution : les jeunes soldats, et ce"roi " pouvait alors commander tout ce qu'il lui plaisait,

- 2ème solution : les condamnés à mort, et c'étaient alors les soldats qui tiraient au sort, grâce à une fève, un condamné à mort qui devenait "roi" le temps des réjouissances, une fois les Saturnales achevées, la sentence était exécutée,
- 3ème solution : les esclaves, et celui-ci pouvait alors prendre pour une journée à la place du maître de maison, mais gare à lui, à l'issue de la journée il pouvait aussi être mis à mort.
L'élection se faisait via une fève (sorte de gros haricot sec) caché dans un gâteau.
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hebergeur d'imageAu Moyen Age, les gâteaux à fève n’étaient pas réservés exclusivement au jour des Rois. On en faisait lorsqu’on voulait donner aux repas une gaieté bruyante. La galette des Rois, est une tradition typiquement française qui avait déjà cours au XIVe siècle. 

hebergeur d'imageSelon les régions la galette des rois est un gâteau rond en pâte feuilletée fourrée ou non, une couronne garnie de fruits confits ou de frangipane, à l'intérieur duquel a été placée une fève. Celui qui découvre la fève est le roi ou la reine. 
hebergeur d'imageLa galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présenterait.

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Selon la tradition le plus jeune enfant de la famille se glisse sous la table et désigne la part revenant à chaque convive, d'où l'expression "tirer les Rois".

Il est dit que le bénéficiaire de la fève doit offrir la prochaine galette ...

 Ce n'est qu'en 1875 que la fève a été remplacée par la fève en porcelaine de Saxe.

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AUTRES TRADITIONS,
ET AILLEURS DANS LE MONDE ...





Dans de nombreux villages, on allume encore les "feux des rois" rappelant ceux qui, dit la légende, brûlèrent cette nuit-là à Bethléem pour cacher l'Étoile au roi Hérode.

En Espagne, c'est le jour de l'Epiphanie ("Jour des 3 Rois") que les enfants recoivent les cadeaux et non à Noel, puisqu'originellement, ce sont les rois mages qui apportèrent des présents 12 nuits après la naissance de l'enfant Jésus.

Le gâteau des Rois est passé, avec les émigrants français, dans le Nouveau Monde, et il est de coutume de le consommer à La Nouvelle-Orléans lors du Mardi Gras : il consiste en une espèce de brioche au glaçage aux couleurs violette, verte et or, traditionnelle du carnaval quelquefois fourrée de fromage à la crème et de pralines.

On trouve des coutumes similaires selon les pays et les régions, qui utilisent d’autres recettes de pâtisserie :
- en Belgique, le driekoningentaart,
le pithiviers dans le Loiret,

hebergeur d'image- le gâteau des Rois, le pastis, le royaume ou la brioche dans le Sud de la France,
- la galette comtoise (galette sèche à base de pâte à chou recouverte de sucre et de beurre, aromatisée à la fleur d’oranger),
- le tortell en Catalogne,
- le roscón en Espagne,
- le bolo rei au Portugal,
- la rosca au Mexique,
- la vassilopita en Grèce.

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